Pratiquer seul chez soi, oui, mais comment?

Tout enseignant de Yoga a l’ardent désir que chacun de ses élèves peu à peu s’approprie sa pratique et devienne autonome.

Cela ne signifie pas que l’on puisse se passer d’enseignement (tous les enseignants reçoivent eux-mêmes des enseignements).

Cela signifie par contre que chacun peut, à divers degrés, mettre en place certains éléments chez soi.

Le confinement a été en cela une épreuve hautement yoguique. Pour une fois il fallait avant tout compter sur soi.

Le Yoga suppose la maîtrise de soi pour aboutir au lâcher-prise, à la libération, Moksha.

Le Yoga suppose d’être pleinement présent à soi et de sentir que nul autre que soi ne peut accomplir ce travail en profondeur du corps, du mental, des émotions etc.

Alors comment faire pour pratiquer chez soi?

Vous n’avez aucun support

(ni vidéos, ni pdf, ni images, ni enregistrements )

– Faites-vous confiance. Suffisamment pour vous remémorer tout ce qui a été abordé dans les cours que vous fréquentez. Vous avez le meilleur des supports: votre mémoire.
– Notez, mentalement ou sur papier tout ce qui vous paraît notable vous concernant lorsque vous pratiquez : postures, respiration, capacité de concentration, points à améliorer.

 

– Rappelez-vous des phrases que votre enseignant a coutume de dire. Quels sont les points sur lesquels il met l’accent?

 

– Notez également les ajustements qu’il vous propose à vous seul, ne serait-ce qu’un seul ajustement (oral ou gestuel).

 

– Déterminez vos besoins, vos envies et vos possibilités : pratiquer longuement ou brièvement ? Le matin, en journée ou le soir? Avec ou sans matériel ? De façon dynamique ou plus en relâchement? Plus axé sur le Pranayama, une visualisation, une Mudra, une posture?

 

– Mettez-vous sur votre tapis et autorisez-vous à reproduire comme cela vous vient, après cette phase plutôt introspective, des postures, des attitudes, des Pranayama etc. Observez-vous. Soyez critique, de façon juste envers vous.

Satya (la vérité), Asteya (l’honnêteté), l’incontournable Ahimsa (la non-violence) sont les Yama (observances morales) les plus importants à mettre en oeuvre dans cet exercice.

Parmi les Niyama (règles de vie), nous pouvons retenir Tapas (austérités, pratique du Yoga) qui nous invite à l’exercice répété et à la rigueur sans céder à l’inévitable découragement qui surgit chez chacun de nous.

(Ces Yama et Niyama ferons l’objet de futurs articles, ce que j’en expose là est évidemment simplifié).

 

– Soyez présent à vous. Soyez à l’écoute. Prêtez attention. Développez votre regard intérieur.
Vous savez repérer entre le moment où vous risquez de vous blesser et celui où l’étirement, certes désagréable, est toutefois très efficace.

 

– Créez votre propre pratique, soyez à la fois indulgent et rigoureux envers vous-même.
Donnez-vous un but précis par séance.

 

– Restez dans une pratique familière. Il n’y a rien que personne ne puisse maîtriser, aussi bon soit-il.
Les plus belles évolutions ont besoin de lenteur et de persévérance, pas d’acrobaties et de défis au delà de ses capacités.
N’entreprenez pas de reproduire des Asana (postures) ou des Pranayama que vous ne connaissez pas et qui sont potentiellement dangereux.

 

– Choisissez une façon de vous tenir à votre pratique. Vous pouvez la dessiner ou l’écrire. Vous pouvez utiliser une alarme/un minuteur qui vous oblige à tenir une durée, que ce soit la durée totale de votre pratique ou la durée de chaque posture.

 

– Ne forcez jamais mais efforcez vous (Tapas). Soyez humble et modeste. Il vaut mieux en faire un petit peu chaque jour plutôt que vous décourager après une pratique trop longue ou trop ambitieuse.
– Vous êtes libre de faire évoluer votre pratique d’une séance à l’autre et/ou de garder des éléments dans la répétition.

La répétition est la clé du progrès si vous savez garder un regard émerveillé sur votre pratique. Évitez l’ennui, autorisez-vous des variantes et sachez repérer dans la répétition l’infinie joie du nouveau.

Vous disposez de supports

En respectant tous les points précédents, vous pouvez également exploiter un matériel particulier qui vous servira de base de travail:

– Prenez le temps de visionner (si c’est une vidéo) ou de consulter (si ce sont des documents écrits) la pratique qui vous intéresse.
– Repérez les éléments familiers. Imprégnez-vous de ceux-ci. Si des éléments inconnus sont présentés et expliqués et que vous vous sentez confiant, soyez bien attentif.
– Mettez de côté tout ce que vous ne maîtrisez pas et qui est au dessus de vos moyens actuels.
– N’hésitez pas à apprendre par coeur la pratique/la reproduire par écrit ou en dessinant des croquis ou bien choisissez de suivre la pratique via le support proposé.
– Là encore il ne s’agit pas de reproduire quelque chose mais de le vivre.

Les Asana, par exemple, ne sont pas des formes que l’on plaque sur son corps mais demande un travail de compréhension profonde de la façon de prendre la posture, de la tenir et d’en sortir.

Le Yoga demande d’être présent à soi, il propose une expérience.

Il vous demande d’être comme un enfant, dans le apprentissage permanent et une constante curiosité.

Cet article n’est pas exhaustif et ne fait que recenser des points qui me paraissent importants et que je répète régulièrement en cours.
Évidemment, en cours et après les cours, les enseignants de Yoga sont disponibles pour quelques conseils mais cela reste toujours dans le cadre moins personnel du cours collectif qui implique que les séances suivies soient plus générales.
Si vous êtes intéressé par un travail profond qui vous permettrait de vous créer une pratique pleinement personnalisée, le suivi individuel est pour vous!