Pourquoi le Yoga “en pleine présence”?

Depuis quelques années, nous entendons beaucoup parler de « pleine conscience » ou de « mindfullness ».

Cette expérience universelle et naturelle fait partie du yoga.

Être en yoga, pendant notre pratique et au-delà de notre pratique, dans tous les aspects et moments de notre vie, c’est être présent à soi et au monde tel qu’il est, dans l’instant donné, avec conscience.

Sans jugement de valeur, sans regard critique, l’esprit le plus calme possible, débarrassé de ses pensées parasites, dans la plus grande des bienveillance, le yogi/la yogini pratique.

La qualité de la présence sur le tapis, pendant la pratique, du ressenti de son corps et de son souffle nous permet de nous apaiser et de nous recentrer.

C’est cela la pleine présence : être dans le moment, dans son corps, dans l’interaction à l’Autre, au Monde, à soi, à la vie.

 

 

Ces mots, je les ai écrit il y a 5 ans, lorsque j’ai créé le lieu “Yoghamsa” à Belfort. Depuis, je vois fleurir les termes “pleine présence” et c’est très plaisant.
Il y a quelques mois, je lis avec beaucoup de plaisir ce texte qui fait écho à mon point de vue.

Pour ceux qui n’arriveraient pas à ouvrir le lien, je vous copie le texte ici (la page Facebook où je l’ai trouvé méritant le détour, je vous encourage à la visiter):

 

PLEINE CONSCIENCE OU PEINE PRÉSENCE ?

On parle beaucoup de la méditation de pleine conscience qui est devenue très à la mode ces derniers temps, une traduction française de ce que l’on appelle en anglais la “mindfulness”, c’est à dire le fait d’amener une pleine attention non-conceptuelle, ouverte et sensorielle à l’instant tel qu’il est, sans jugement, commentaires, ou conceptions mentales surimposées. Cependant ce terme de “pleine conscience” est, je pense (comme d’autres l’ont aussi souligné), trompeur et regrettable car il désigne mal l’essence de cette pratique, risquant même de renforcer chez les pratiquants une dualité entre sujet et objet et une certaine “mentalisation” de l’expérience de l’instant présent où l’attention devient une attention cérébrale dirigée par un moi plutôt qu’une présence globale, passive, ouverte et sensitive. Le mot « conscience » en français, contrairement à l’anglais, est ambigu, ayant de nombreux sens qui n’ont rien à voir avec l’attention non-mentale pratiquée dans la méditation : concept physiologique qui distingue l’état de veille de son contraire, concept moral qui peut faire écho à une notion de responsabilité ou d’irresponsabilité, et surtout, concept réflexif qui renvoie à l’idée d’auto-observation et d’analyse mentale. Or la méditation vise justement à ne pas s’observer à travers le mental, mais à entrer dans un rapport direct de présence non-conceptuelle à ce qui est, tel que c’est, dans sa fraîcheur et sa nudité, à être pleinement attentif à notre expérience de l’instant sans la dichotomie habituelle d’un sujet pensant et d’un objet pensé. C’est une présence immergée où la conscience d’être en tant qu’observateur s’absorbe complétement dans l’expérience. C’est pourquoi le terme de méditation de « pleine présence » me parait bien plus approprié.

D.C